Ce que je choisis de transmettre
Une réflexion sur la photographie de nature comme acte de lenteur, de respect et de fidélité au vivant.
La photographie de nature n’est pas une chasse à l’image.
C’est une manière de se tenir au monde, d’accepter de marcher lentement, de regarder longtemps, sans rien exiger.
Je pars avec l’idée de me taire.
Ne pas déranger, ne pas contraindre, ne rien forcer.
La nature n’a rien à prouver, rien à offrir à la demande. Elle se donne parfois, à ceux qui savent attendre.
La lumière passe.
Les animaux surgissent, puis s’effacent.
Le vent écrit et réécrit le paysage.
Tout est mouvement, tout est fragile. Photographier, c’est reconnaître cette fragilité et s’y accorder.
Je reviens souvent aux mêmes lieux.
Parce que le monde ne se livre pas au premier regard.
Parce que la répétition est une forme de fidélité.
Parce que l’on ne prend rien : on reçoit.
Accepter le rythme du vivant, c’est déjà le respecter.
Parfois, je repars sans image.
Et ce n’est pas un échec.
C’est la preuve que le moment ne m’appartenait pas.
Photographier la nature engage une responsabilité.
Être discret, effacé, presque absent.
Refuser l’image volée au prix du dérangement.
Une photographie qui abîme le vivant est une image perdue.
J’espère que mes images offrent un refuge.
Un espace de lenteur dans un monde pressé.
Une invitation à s’arrêter, à respirer, à regarder autrement.
Si une photographie parvient à rappeler que nous faisons partie du paysage, alors elle a rempli sa tâche.
La photographie de nature n’est pas ce que je prends.
C’est ce que je laisse intact.
Et ce que je choisis, humblement, de transmettre.